Dr. Kindynis partage sa position sur la vaccination contre la Covid-19

26 novembre 2021

Actualité MEDIMAGE

Actualité

En 1918, la question ne se posait même pas puisque le vaccin n’existait pas.

Au moment même où nous entamons notre 3ème année de pandémie de la Covid-19, et que l’on parle de 5ème vague, il se trouve encore des « anti-vaccins », des « anti-masques », des « anti-gestes barrières », des « anti-pass » et pour tout dire des « anti-tout » sous prétexte de libertés individuelles, de sécurité vaccinale, d’effets secondaires et autres billevesées.

Avant d’aborder le sujet, faisons un détour sur l’Histoire, celle de la grippe espagnole.

Grippe espagnole (mars 1918 – mi-avril 1919) ? Un nom trompeur !

La grippe dite « espagnole » s’est répandue en 3 vagues successives, de mars 1918 à avril 1919, la 2ème vague (en raison d’un mutant, déjà !), de septembre à décembre 1918, étant la plus meurtrière.

La ville de Paris est particulièrement touchée en comptabilisant 616 morts recensés pour la seule semaine du 6 au 12 octobre.

Bien que cela soit encore contesté (les pays asiatiques ne tenaient pas de registre statistique et la microbiologie en 1918 était peu développée), les historiens ont identifié le patient zéro aux États-Unis, le 4 mars 1918, en la personne d’un certain Albert Gitchell, appelé sous les drapeaux.

Assigné à la cuisine d’un camp militaire au Kansas, (poste stratégique, s’il en est), il va favoriser la propagation du virus, auprès de jeunes soldats américains réunis trois mois, à raison de 50’000 à 70’000 individus, avant de traverser le pays et de prendre la mer pour l’Europe. Un cluster géant en quelque sorte.

La grippe espagnole

  • Première vague de pandémie entre mars et juillet 1918.
  • Seconde vague, la plus meurtrière, de fin août à novembre 1918.
  • Troisième vague et dernière de l’hiver au printemps 1919.
  • La grippe atteint l’Espagne, pays neutre, en mai 1918. La presse espagnole est la première à en décrire les effets. L’Espagne n’est pas du tout à l’origine de la pandémie.
  • À l’échelle mondiale, la grippe espagnole serait responsable de 20 à 50 millions de morts. Des évaluations récentes, atteignent jusqu’à 100 millions.
  • Les « anti-masques » avaient déjà leur Ligue, qui parvint à faire lever cette obligation en février 1919, lors de la seconde vague d’infections dans la ville !

En trois semaines, 1100 hommes sont grièvement malades. Près de 40 trouvent la mort.

Le 29 septembre 1918, 9000 soldats américains, sont entassés dans un paquebot, à l’hygiène douteuse, en partance pour l’Europe. “Un navire virus”, résume le Docteur Michael Bresalier de l’Université de Swansea.

Le premier mort est enregistré sur le bateau dès le lendemain. Lorsqu’il accoste 10 jours plus tard en France, 2000 passagers sont sérieusement malades et près d’une centaine sont morts.

La grippe se répand alors comme une trainée de poudre, en se propageant notamment librement dans les tranchées de la ligne de front au sein de soldats affaiblis, dans la promiscuité la plus totale.

Le virus suit également les routes et les chemins empruntés par les soldats. En à peine 100 jours, à la mi-juin 1918, le nombre de cas grimpe à 130 millions !

Les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest (Grande-Bretagne, France, Suisse romande, Allemagne, Belgique, Pays-Bas) sont touchés. Presque tous ces pays sont en guerre et censurent les informations sur la maladie, afin de ne pas affecter le moral des troupes et des populations.

Aussi, quand en mai 1918 la grippe atteint l’Espagne, pays neutre, la presse espagnole est la première à en décrire les effets.

C’est pour cette raison que l’épidémie a souvent été qualifiée en Europe de « grippe espagnole », sauf en Espagne où elle porte le sobriquet de « Soldat napolitain ».

Ce virus n’a donc rien d’espagnol !

À partir de début novembre 1918, le virus se répand très vite dans toute l’Afrique, l’Amérique latine et notamment le Brésil, les Indes, la Chine ainsi qu’en Océanie.

Seule l’Australie, qui est en mesure d’appliquer très tôt, une quarantaine rigoureuse et des gestes barrières, est dans un premier temps épargné. Elle sera malheureusement rattrapée par la pandémie, en levant ces interdictions trop tôt !

Le virus de la grippe espagnole : aperçu

Pour simplifier, il existe trois types de virus influenza, responsables de la grippe, appelés A, B et C. Les virus A et B sont responsables des épidémies de grippe saisonnière.

Les virus de type A sont nommés en fonction des protéines H et N présentes, allant de H1 à H18 et de N1 à N11. Ainsi, les sous-types trouvés dans les infections humaines peuvent être les virus H1N1 ou H3N2.

Les réservoirs de la grippe A circulent chez différents animaux, oiseaux et mammifères (porcs…), alors que les virus B et C sont essentiellement présents chez l’Homme.

La variabilité du virus est due à des mutations, mais aussi à des réassortiments et échanges génétiques entre souches (aviaires, porcines et humaines) lorsqu’une même cellule est infectée par deux virus.

La pandémie mondiale la plus meurtrière connue à ce jour est celle de la « grippe espagnole » (virus de la grippe A, sous-type H1N1) due à une souche particulièrement virulente et contagieuse qui s’est répandue de mars 1918 à avril 1919.

Avec les grippes précédentes, seuls 1 % des grippés présentaient des complications pulmonaires plus ou moins graves et, parmi ceux-ci, seuls 1% des cas étaient mortels.

Aussi, ce fut près de 15 à 30 % des grippés qui présentèrent des complications pulmonaires, et environ 10 % de ces cas eurent une issue fatale, c’est-à- dire jusqu’à 300 fois plus de morts que les grippes précédentes.

Une spécificité de cette grippe est que le taux de mortalité a été anormalement haut pour la tranche d’âge de 20 à 40 ans. Elle tua principalement de jeunes adultes, 99 % des décès étant survenus avant soixante-cinq ans et plus de la moitié entre vingt et quarante ans.

Des témoignages tels que “De grands gaillards en bonne santé meurent dans les trois jours”, ou encore “Les enfants tombent un à un derrière leur pupitre comme si on les avait empoisonnés” attestent de la gravité de la situation.

L’atteinte préférentielle d’adultes jeunes pourrait s’expliquer par une relative immunisation des personnes plus âgées ayant été contaminées auparavant par un virus proche. Le Pr Julien Besançon dans son livre nommé : ” Les jours de l’homme ” situe très précisément la date de cette immunisation. Il s’agit de l’épidémie de « grippe pneumonique » de 1885-1889 qui, à l’hôpital de la Pitié où il était interne, tua 2 malades sur 3.

La majorité des décès firent suite à des surinfections, notamment des pneumonies bactériennes, mais le virus tua aussi directement, en causant des hémorragies, des œdèmes pulmonaires massifs ainsi qu’une réaction immunitaire excessive (« orage cytokinique ») dépassant les possibilités thérapeutiques de l’époque.

La plupart des personnes décédées sont mortes étouffées dans leurs expectorations, qui regorgeaient souvent de sang.

La science et les politiques à l’épreuve

En 1918 et 1919, les scientifiques ne parviennent pas à isoler le virus. Ils pensaient même que cette grippe était d’origine bactérienne. Ce n’est qu’en 1930 que l’on comprend qu’il s’agit d’un virus. Il faudra attendre encore 2005 et l’exhumation de cadavres inuits et norvégiens conservés dans le pergélisol (sol gelé des pays nordiques) pour que le génome soit séquencé.

À la suite de la grippe espagnole, des campagnes de prévention en matière d’hygiène sont lancées. En Suisse, elles interviennent fin 1919.

Cette pandémie a fait prendre conscience de la nature internationale de la menace des épidémies et maladies, et des impératifs de l’hygiène et d’un réseau de surveillance pour y faire face.

En 1922, suite à cette épidémie, la Société des Nations (SDN), ancêtre de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), crée le Comité de la santé et l’Organisation d’Hygiène.

Combien de morts sont imputables à la grippe espagnole ?

La grippe espagnole est la pandémie la plus meurtrière de l’histoire. Elle devance la “peste noire” de 1347 à 1350, pandémie jusqu’alors la plus violente jamais connue, qui a elle seule aurait fait environ 34 millions de victimes.

Les Etats-Unis comptabiliseraient 549 000 décès, l’Allemagne 426 000, le Royaume-Uni 153 000, la France 400 000, l’Inde 18,5 millions, la Chine de 4 à 9,5 millions, le Japon, 250 000, l’Afrique 2,5 millions.

Le bilan en Europe occidentale s’élèverait à 2,3 millions de morts (pour 14 pays) et vraisemblablement plus de 4 millions pour l’ensemble de l’Europe en comprenant l’Autriche- Hongrie, les autres pays d’Europe orientale, et la Russie.

En Suisse, le virus a fait 25’000 morts, selon l’étude publiée en 2018 par l’Office fédéral de la statistique.

À l’échelle mondiale, la grippe espagnole serait, selon l’Institut Pasteur, responsable de 20 à 50 millions de morts. Des évaluations récentes, atteignent jusqu’à 100 millions.

Cette “Grande Tueuse“, dans l’ensemble du monde, a fait plus de victimes que la Première Guerre mondiale qui a provoqué 9 à 10 millions de morts en quatre ans, y compris les victimes civiles.

La grippe espagnole a frappé plus massivement les pays n’ayant pas ou peu participé au conflit.

Par un étonnant mélange de fin de Première Guerre mondiale, d’essor économique et d’euphorie, la grippe espagnole est longtemps restée un simple épiphénomène refoulé de l’inconscient collectif.

La grippe A (H1N1) est réapparue entre 2009 à 2010, sous une forme nettement atténuée, avec un taux de complications sévères de l’ordre de 2 à 3 ‰, analogue à celui des grippes saisonnières. Dans la plupart des cas, les malades ne présentent que des symptômes bénins et leur guérison est rapide et complète.

Devant l’ampleur de l’épidémie, l’OMS a qualifié la situation de pandémie le 11 juin 2009. En août 2010, le monde entre en période post-pandémique selon l’OMS. Cependant, il ne s’agit que de l’alerte, le virus circule toujours abondamment autour du globe.

Les personnes âgées ont connu des souches similaires dans les années 1950 et en ont conservé pour la plupart une bonne résistance. Cette grippe circule donc beaucoup plus aisément chez les jeunes.

Gestes barrières et autres mesures : leçons de la grippe espagnole

La grippe fut l’occasion de déployer certains gestes barrières comme le lavage des mains, le port du masque notamment dans les transports publics, l’interdiction des attroupements, la mise en quarantaine, la fermeture d’écoles, l’interdiction de services religieux, la fermeture de divertissements publics, des consignes de rester chez soi, l’interdiction de cracher dans la rue, et l’interdiction de l’affluence dans les commerces.

Vous pouvez voir sur internet des images venues d’un autre temps, mais tellement d’actualité, telles ce poinçonneur, en 1918, qui ne laisse pas monter les passagers non munis de masques dans les transports en commun à Seattle, les forces de l’ordre équipées de masques, également à Seattle, ou encore le personnel de la Croix Rouge portant des masques de protection à Saint- Louis.

Malheureusement, les réglementations des gestes barrière variaient selon les régions et les pays. Aux États-Unis par exemple, la ville de Seattle se protégea plus que Philadelphie, tandis qu’à San Francisco une controverse apparut autour de l’obligation de porter des masques, culminant dans la Ligue anti-masque qui parvint à faire lever cette obligation en février 1919, lors de la seconde vague d’infections dans la ville !

Les temps changent, la science fait des progrès considérables, mais il est surprenant de constater à quel point la nature humaine reste fondamentalement la même. Il y a toujours des opposants, des réticents, des résistants, des méfiants, des « neinsager », alors même que le sujet principal est de sauver des vies humaines.

Origine de la Covid-19

Les coronavirus présents chez l’homme et chez l’animal possèdent un génome à ARN, et sont entourés d’une capsule de protéines en forme de couronne qui leur valent leur nom.

Médicalement, on distingue deux groupes de coronavirus touchant l’être humain : les coronavirus peu pathogènes, et les coronavirus hautement pathogènes, dont on ne connaissait que deux représentants jusque-là, le Syndrome Respiratoire Aigu Sévère (SRAS-Cov en français ou SARS-Cov en anglais) et le coronavirus du Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient (MERS-CoV). En 2003, le SRAS avait infecté environ 8000 individus, causant la mort de 800 personnes dans le monde.

Le patient zéro, de cette nouvelle maladie infectieuse respiratoire que l’on appelle aujourd’hui la Covid-19 (Corona Virus Disease 2019), remonte à fin novembre – début décembre 2019, c’est-à-dire il y a exactement 2 ans. Il s’agissait à l’époque d’une épidémie de pneumonie apparue dans un marché d’animaux vivants à Wuhan, (province de Hubei, Chine).

Une transmission d’origine animale serait à l’origine de cette épidémie, qui s’est rapidement transformée en pandémie dès le début de l’année 2020.

Le 9 janvier 2020, la découverte d’un nouveau coronavirus a été annoncée officiellement par les autorités sanitaires chinoises et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce virus appelé SARS-CoV-2, est différent du virus SARS-CoV responsable de l’épidémie de SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère) en 2003. Il est également différent du virus MERS-CoV responsable d’une épidémie évoluant depuis 2012 au Moyen-Orient.

De l’interdiction de pratiquer

Coup de tonnerre le 13 mars 2020, l’ordonnance fédérale 2 COVID-19 arrête que les cliniques, les cabinets médicaux et dentaires doivent renoncer à tous les traitements et interventions médicaux non urgents.

Cette mesure va persister quelques semaines. De toutes les mesures de protection prises pour la lutte anti-Covid-19, cette dernière est de loin la plus surprenante et même la plus inédite.

À ma connaissance, jamais une telle mesure a été prise alors que la liste des pandémies est extrêmement longue, remontant pour certaine à l’Antiquité.

Sans être exhaustif, il y a eu la peste, le choléra, le typhus, la tuberculose, la variole, les parasitoses dont la malaria et les maladies sexuellement transmissibles (MST), dont notamment le SIDA (qui serait responsable depuis 1981 de la mort de plus de 32 millions de personnes) et la syphilis qui ont fait des ravages considérables.

Je me souviens avoir lu quelque part l’histoire de ces ORL ayant contracté une syphilis dite « imméritée » en recevant dans l’œil des postillons de patients infectés.

Tout le monde a en mémoire le Docteur Li Wenliang, ophtalmologue à l’Hôpital central de Wuhan, Chine, décédé en février 2020 de complications respiratoires, trois semaines après avoir contracté la COVID-19. Il avait 34 ans, laissant derrière lui sa femme, enceinte de leur deuxième enfant. Ce donneur d’alerte avait tenté d’avertir les autorités sur la situation fin décembre, mais avait été arrêté et accusé d’avoir diffusé des rumeurs, avant d’être réhabilité fin janvier.

J’ai un ami, de très longue date, depuis plus de 30 ans, médecin, travaillant pour l’OMS, spécialisé dans la lutte anti-malaria. À ce titre, il a vécu, avec femme et enfants, comme expatrié, pendant des années dans différents pays d’Afrique et d’Asie. De retour au siège, à Genève, sous prétexte d’une recrudescence des cas de malaria liés à la maladie à Virus Ebola, en Afrique de l’Ouest, qui a sévi entre 2014 et 2016, il a revêtu sa combinaison intégrale et a participé pendant quelques jours, en personne, au triage des malades. Le connaissant, je n’ai pas été fondamentalement surpris, mais ce choix, qui pour lui était l’évidence même, m’a laissé pantois. Rien ne l’obligeait, fondamentalement, à être au cœur du réacteur.

Pour information, le virus Ebola appartient à la famille des Filoviridae (filovirus), encore un autre virus, qui fort heureusement n’est pas (encore) parvenu jusqu’à nous.

Oui, la pratique de notre métier peut être mortelle, non seulement pour les médecins, mais aussi pour l’ensemble du personnel soignant auquel il faut rendre hommage. Sur les 742 infirmières mobilisées en 1918, 69 ont perdu la vie, victimes de la grippe espagnole, soit près de dix pourcents.

Aux dires d’un directeur d’un grand groupe suisse, propriétaire de nombreux cabinets médicaux (radiologiques et autres), certains médecins ont refusé de pratiquer. Même si ces derniers sont minoritaires, je pense qu’ils devraient profondément revoir les motivations qui les ont conduits à pratiquer ce métier.

La non-urgence est définie comme ce qui peut être différé sans préjudice autre que mineur. Comment peut-on l’anticiper ? Est-ce au patient de déterminer s’il a urgence ou non ? À moins qu’il présente de très sérieuses connaissances médicales, la réponse est non ! La vraie urgence est rare dans la pratique ambulatoire parce que notre métier consiste justement à éviter qu’elle ne survienne.

Ce n’est pas parce qu’il y a pandémie, que l’émergence des cancers s’arrête ou que les maladies chroniques cessent de se décompenser. C’est ce que l’on appelle des victimes collatérales. Elles ne rentrent pas dans les statistiques, ou très difficilement, raison pour laquelle nos autorités ont pu les ignorer.

Ce n’est pas notre point de vue, chaque vie compte et il n’y en a pas de plus précieuse que d’autre.

Interdire aux médecins et à leurs collaborateurs de pratiquer pendant une pandémie et laisser au patient le soin de décider ce qui est urgent ou non, avec des hôpitaux engorgés, quelle absurdité ! En ce qui me concerne, et je ne suis pas le seul, j’ai profondément été choqué de cette décision.

C’est notre métier et nous somme formés pour nous protéger et protéger la vie de nos patients. J’ai en mémoire un patient que j’ai vu une semaine pour une IRM dans le cadre d’une lombalgie et qui est revenu la semaine suivante pour un CT pulmonaire dans le cadre d’une COVID-19 avérée.

Tous les gestes barrières étant en place, aussi bien de notre côté que celui du patient, aucune transmission de la maladie n’a été déplorée. En 2 ans, sur l’ensemble du personnel de notre institut, qui dénombre environ une quinzaine de personnes, deux personnes ont contracté la maladie, dont un cas contact, de toute évidence en dehors de leur activité médicale, aucune dans l’exercice de leur métier.

Point sur la situation actuelle de la Covid-19

A l’heure où ces lignes sont écrites, en novembre 2021, la Covid-19 a déjà fait plus de 5 millions de morts à travers le monde, dont environ 760’000 aux Etats-Unis, plus de 800’000 dans l’Union européenne, plus de 610’000 au Brésil, plus de 460’000 en Inde et plus de 11’000 en Suisse.

L’OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé. Elle étudie également les répercussions, et notamment la morbidité, de la COVID longue qui atteint certains individus, guéris, mais qui conservent des séquelles durables de la maladie.

Depuis le 4 octobre 2021, la Covid-19 a désormais tué davantage d’Américains que la grippe espagnole en 1918-1919, selon les données transmises par l’université Johns- Hopkins. Plus de 675’700 personnes contaminées par le nouveau coronavirus sont décédées aux Etats-Unis (le chiffre dépasse 760’000 en novembre 2021).

Nous en sommes actuellement au début de la 5ème vague.

  • Personne ne sera en sécurité tant que le monde entier ne sera pas vacciné selon l’OMS.
  • L’accès mondial et équitable à un vaccin, constitue l’unique moyen d’atteindre l’immunité collective.
  • S’il persiste des pays sous-vaccinés, ces derniers vont développer des variants encore plus contagieux et mortels. Pour l’instant, la vaccination présente une protection efficace contre ces variants, mais pour combien de temps ?
  • La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Respectez les gestes barrières.
  • Je vous encourage à vous vacciner !

La Roumanie vit actuellement une situation catastrophique, avec depuis plusieurs semaines 400 décès par jour, avec un pic à 600 morts le 2 novembre dernier, un taux de mortalité le plus élevé au monde par rapport à ses 19 millions d’habitants.

Seulement 33% de la population est vaccinée. La désinformation, l’ignorance, la méfiance envers les institutions, héritée de tous les anciens pays communistes sont la cause d’un tel désastre. À cela il faut rajouter la vaccination qui n’est pas dans la culture du pays. Les hôpitaux sont submergés, les voitures et les ambulances s’accumulent pendant des heures et des jours dans les parkings et les gens meurent avant même d’accéder aux urgences.

De la vaccination

Seuls 2 vaccins sûrs et efficaces sont autorisés, en Suisse, par Swissmedic. Le vaccin Pfizer/BioNTech et le vaccin de Moderna sont tous deux des vaccins à ARNm.

Comment les vaccins à ARNm fonctionnent-ils ?

Les vaccins à ARNm contiennent des instructions pour la synthèse des protéines « Spike » qui hérissent la surface du coronavirus.

Après l’injection du vaccin dans le muscle, l’ARNm pénètre dans la cellule, mais reste en dehors du noyau. La production des protéines « Spike » est assurée par les ribosomes. Ces protéines sont ensuite transportées vers la surface de la cellule où elles sont présentées aux cellules immunitaires (via les lymphocytes notamment) qui lancent la production d’anticorps contre la protéine « Spike ».

Ce processus engendre 2 types de défenses immunitaires.

D’une part la production d’anticorps, qui vont neutraliser le coronavirus, et d’autre part la mémorisation, par la cellule immunitaire elle-même, de l’ennemi, permettant de protéger la personne contre le virus en cas de nouvelle infection (immunité dite « cellulaire »). L’ARNm ayant une durée de vie très courte, il est protégé par une « enveloppe de graisse » (à base de nanoparticule lipidique). C’est cette protection qui différencie les 2 vaccins et qui expliquent notamment les différences de contraintes de stockage.

Troisième dose ? Pourquoi ?

Les anticorps « neutralisants » ont tendance à diminuer 6 mois après la vaccination « 2 doses », alors que l’immunité « cellulaire » a plutôt tendance à augmenter avec le temps. Ces 2 phénomènes expliqueraient que même après 2 doses de vaccins, il est possible de contracter la Covid-19, alors même que l’efficacité persiste contre les variants récents, dont le Delta.

Selon une étude parue dans le New England Journal of Medicine, des chercheurs ont administré une troisième dose de vaccin Pfizer/BioNTech. La dose de rappel semble faire augmenter significativement l’activité des anticorps du sérum des participants par rapport à celle obtenue après la deuxième dose.

Cette dernière est en effet multipliée par 5 pour les 18-55 ans et par 12 pour les 65-88 ans, cela contre le variant Delta.

Au fil du temps, le nombre de personnes vaccinées admises à l’hôpital pour cause de covid augmente subtilement.

La Covid-19 et la vaccination : Questions – Réponses

Se protéger contre la Covid-19 grâce à la vaccination illustré par une personne âgée se faisant vacciner dans un cabinet médicale.

Peut-on être de nouveau contaminé après 2 doses de vaccins ?

Oui, mais les symptômes sont généralement beaucoup moins graves que pour les personnes non vaccinées, y compris pour les variants actuellement connus.

Pourquoi 2 doses ne suffisent-elles pas ?

La vaccination stimule la production d’anticorps et l’immunité dite cellulaire. Malheureusement les anticorps diminuent fortement après 6 mois, mais peuvent être « reboostés » par une 3ème injection.

Une 3ème dose est-elle indiquée ?

Pour l’instant elle réservée aux personnes les plus fragiles. De plus il est inutile de sur vacciner une population, alors que même pas 5% des personnes le sont dans d’autres pays. Cette remarque vaut d’ailleurs également en cas d’une disparité significative du taux de couverture vaccinal à l’intérieur d’un même pays.

Comment peut-on être sûr que cette 3ème dose suffira ?

On n’en sait actuellement rien du tout. Il existe cependant d’autres exemples avec notamment la vaccination contre l’hépatite B où 3 doses sont nécessaires et suffisantes.

Devra-t-on se faire vacciner tous les ans ?

Là encore, les scientifiques n’en ont aucune idée. Une certitude est formelle. Si de nouveaux mutants apparaissent avec des souches distinctes encore plus virulentes, du genre Sars-CoV-3, V4, V5 etc. il est probable que de nouveaux vaccins devraient voir le jour, basés toutefois sur le même principe.

Est-ce que les vaccins à ARNm peuvent modifier notre génome ?

Absolument pas. Il n’y a aucune interférence entre le vaccin, vos chromosomes et vos gènes. Le m de ARN signifie messager, et dans l’esprit de certaines personnes, à tendance complotiste, cet ARNm serait un traceur capable, si j’ai bien compris, de nous pister !? C’est évidemment complètement faux. Pour information, sans la protection des données, une simple prise de sang suffirait pour décoder la totalité de votre ADN et en savoir bien plus que vous n’en savez sur vous-même. Heureusement, cela est formellement interdit sans votre accord.

Il faut toutefois modérer ces propos, car ces formes sont généralement beaucoup moins graves que pour les gens non vaccinés.

Les vaccins sont même efficaces contre les variants

Le rapport est de 1/10, c’est-à-dire qu’en n’étant pas vacciné vous avez 10 fois plus de chances de vous retrouver aux soins intensifs, par rapport à quelqu’un qui l’est. D’après une étude britannique récente, une personne non vaccinée a 32 fois plus de risques de mourir qu’une personne vaccinée.

Pour l’instant, les vaccins sont même efficaces contre les variants, comme le delta. Ces mutants sont déjà nombreux, plus contagieux et plus dangereux, soit ceux du Royaume-Uni, d’Afrique du Sud et du Brésil.

Le 26 octobre 2021, Swissmedic a autorisé une troisième vaccination au minimum six mois après la deuxième dose chez les personnes âgées ou les patientes et patients à risque.

Éthique

La position de l’OMS est sans appel : dans le cadre de la pandémie actuelle qui se propage rapidement, personne ne sera en sécurité tant que le monde entier ne sera pas vacciné.

L’accès mondial et équitable à un vaccin, constitue l’unique moyen d’atténuer l’impact de la pandémie en santé publique et au niveau économique.

Cette 3ème dose devrait être administrée aux personnes « modérément ou sévèrement immunodéprimées » ou pour les individus de 60 ans et plus ayant été immunisés avec les vaccins des sociétés chinoises Sinovac et Sinopharm. D’ailleurs en France voisine, elle est déjà conseillée à tous les adultes.

À ce jour 6,8 milliards de doses de vaccin ont été administrées dans le monde, mais seule 3% de la population dans les pays à faible revenu a reçu au moins une injection.

Il est inutile de « survacciner » la population d’un pays, alors que moins de 5% l’est dans l’autre. L’immunité collective, c’est ce que nous devons atteindre le plus rapidement possible afin d’éradiquer cette pandémie. Elle passe obligatoirement par la case « vaccin », au niveau planétaire, y compris, et surtout, dans les pays pauvres et sous-développés, car autrement, ces pays vont développer des variants encore plus contagieux et mortels.

Taux de couverture vaccinale

En termes de couverture mondiale il est difficile d’avoir une idée précise, à moins de consulter les sites officiels de chaque pays, les plus industrialisés et le plus démocratiques étant généralement les plus complets.

Ces taux de couverture varient même à l’intérieur d’un même pays, comme par exemple pour la Suisse et ses cantons.

À l’heure où les contaminations repartent à la hausse, une constatation s’impose. Plus le taux de vaccination est élevé et plus le taux de contamination est bas.

Prenons l’exemple de l’Espagne qui actuellement est la championne européenne de la vaccination, avec le taux le plus élevé des grands pays européens, et qui présente un taux d’infection qui est l’un des plus bas d’Europe avec 63 cas pour 100.000 habitants sur les 14 derniers jours et n’est donc pas concernée, pour l’instant, par cette 5ème vague qui sévit actuellement. 79% des Espagnols sont totalement vaccinés contre 67% en Grande-Bretagne et en Allemagne.

De l’utilité de la vaccination, du pass sanitaire, et des gestes barrières

Si une personne ne veut pas respecter les gestes barrières et refuse de se faire vacciner, quitte à contracter la maladie et à en mourir, elle est parfaitement libre de le faire. Toutefois, elle doit veiller à ne pas contaminer son entourage en transmettant la maladie à celles et ceux qui se protègent par le biais du vaccin.

Rien ne vous empêche de rouler à 200 à l’heure dans une agglomération limitée à 50. Toutefois, il est primordial de veiller à la sécurité des piétons et des automobilistes.

Rien ne vous empêche, également, de jouer à la « roulette russe » sur votre propre personne. C’est votre affaire. Néanmoins, il est important de veiller à la sécurité des autres personnes afin de ne pas les impacter.

Il y a de toute évidence un lien direct de cause à effet dans ces 2 derniers exemples. Ce lien est beaucoup plus sournois en ce qui concerne la transmission de la Covid-19, vous êtes potentiellement un vecteur de transmission dont les victimes resteront, à vos yeux et à ceux des autres, complètement anonymes. Cette négligence pourrait conduire à des décès.

Pensez à vous vacciner


La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Ce dicton, issu de la sagesse populaire est un des fondements de notre vie en société. Le prétexte d’un vaccin à l’efficacité et de sécurité incertaine était peut-être valable au début de la campagne de vaccination, mais n’a plus de raison d’être actuellement.

Le pass sanitaire, ne doit absolument pas être vécu comme une restriction des libertés. Au contraire. Ce n’est pas une protection absolue, mais avouez quand même, que si vous assistez à un spectacle ou que vous prenez l’avion il est très rassurant de savoir que tout le monde est vacciné.

La poursuite des gestes barrières est également essentielle, spécialement dans les lieux fermés et bondés.

Conclusion : l’immunité collective


L’humanité se posait cette grande question depuis un moment déjà. Le retour d’une épidémie, voire une pandémie, semblait effectivement inévitable. La voici avec la Covid-19, et il y a fort à parier que ce ne sera pas la dernière.

La grippe espagnole a duré moins de 2 ans alors que nous entamons la troisième année de la Covid-19, et c’est encore loin d’être terminé, avec des morts en constante progression.

Si la Covid-19 a d’ores et déjà dépassé le nombre de morts aux Etats-Unis par rapport à la grippe espagnole, la Covid-19, avec ses plus de 5 millions de morts actuels est encore loin d’atteindre, au niveau mondial, les sommets de la grippe espagnole.

La raison en est simple, nous savons précisément à qui nous avons à faire, je veux parler du coronavirus, et nous disposons actuellement de vaccins efficaces, ce qui constitue des différences fondamentales par rapport à 1918.

Les penseurs de la Grèce antique considéraient déjà « le monde comme un éternel recommencement », ou encore que « l’on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau ». Une version plus récente estime que « l’histoire ne se répète pas, mais elle bégaie ».

La flèche du temps n’a malheureusement qu’une seule direction et nous ne pouvons pas revenir en arrière. Nous pouvons cependant tirer des leçons du passé.

Limmunité « spontanée » contre le virus de la grippe espagnole a été acquise au prix d’un nombre abyssal de morts (de 20 à 50 millions de morts, jusqu’à 100 millions selon des évaluations récentes).

Ne commettons pas les mêmes erreurs.

  • Personne ne sera en sécurité tant que le monde entier ne sera pas vacciné selon l’OMS.
  • L’accès mondial et équitable à un vaccin, constitue l’unique moyen d’atteindre l’immunité collective.
  • S’il persiste des pays sous-vaccinés, ces derniers vont développer des variants encore plus contagieux et mortels. Pour l’instant, la vaccination présente une protection efficace contre ces variants, mais pour combien de temps ?
  • La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres. Respectez les gestes barrières.

La vaccination, les gestes barrières, le pass sanitaire et le confinement, pour les situations extrêmes, sont autant de mesures qui devraient nous permettre de sauver un nombre considérable de vies et d’atteindre l’immunité « collective ».

Une dernière ligne pour rendre hommage à tous nos prédécesseurs de l’ensemble du corps médical et a toutes ces populations qui ont dû survivre ou mourir dans le marasme mondial de la grippe espagnole.

À toutes et à tous qui nous ont montré le chemin, je n’ai qu’un seul mot : RESPECT.

Docteur Philippe Kindynis

Genève, novembre 2021

Cancer du sein : promouvoir l’amélioration des soins ainsi que la qualité de vie des patientes et de leurs proches

27 octobre 2021

Actualité MEDIMAGE

Actualité

En Suisse, plus de 90’000 femmes sont touchées par le cancer du sein. Il s’agit de la 1ère cause de mortalité féminine entre 40 et 50 ans. Actuellement, les causes de ce cancer ne sont pas précisément connues. Néanmoins, des études ont permis de mettre en évidence certains facteurs susceptibles de favoriser son apparition tels que l’âge, l’hérédité ainsi que l’hygiène de vie. 

Le cancer du sein, qu’est-ce que c’est ?

Le sein féminin est principalement composé de tissus adipeux et conjonctifs ainsi que de glandes mammaires. Ces dernières, groupées en lobules – en forme de grappe – produisent du lait maternel qui s’écoule dans le sinus galactophore, qui lui assure la liaison avec le mamelon. C’est pourquoi, le volume de ces glandes augmente au cours de la grossesse afin de s’adapter à la production de lait. Il s’agit d’un processus régulé par les hormones. 

Lorsque le cancer du sein se développe dans les canaux galactophores, on parle de carcinome canalaire. Il s’agit de la forme de cancer du sein la plus fréquente. Et lorsque la tumeur apparaît dans les lobules, on parle dès lors de carcinome lobulaire

Il s’agit d’une tumeur maligne qui va dès lors se développer aux dépens des cellules des canaux du sein. Sous diverses influences, hormonales notamment, des cellules prolifèrent de façon inhabituelle en échappant aux mécanismes de régulation de l’organisme. Ces cellules vont former une masse dans le sein. Parfois, se métastaser en quittant la tumeur initiale, et coloniser un tissu normal distant.

L’importance du dépistage du cancer du sein

Afin de détecter une tumeur à un stade précoce et ceci afin de faciliter le traitement, le dépistage du cancer se trouve être la méthode la plus fiable. Elle permet de déceler des tumeurs de très petite taille, bien avant qu’elles soient palpables ou ne se manifestent par des symptômes observables. Ce qui permet d’augmenter les chances de guérison et de réduire le recours aux traitements lourds. 

Des programmes de sensibilisation et d’action face au cancer du sein

Pour sensibiliser les femmes ainsi que leur entourage, plusieurs associations et fondations ont mis en place des campagnes d’information, des ateliers-ressource, des conférences et autres activités. Le but étant de briser le tabou autour de cette pathologie, informer la population sur les avantages des dépistages proposés et diminuer l’impact du cancer du sein sur la vie des patientes et de leurs proches.

Agir ensemble face au cancer du sein grâce à la plateforme : Réseau Cancer du Sein

C’est dans ce contexte que le Réseau Cancer du Sein a lancé en 2001 le 1er Mois international du cancer du sein en Suisse. Hébergé par l’Association Savoir Patient, il œuvre pour l’amélioration du parcours des femmes atteintes par ce type de cancer. Pour ce faire, les 28 organismes membres de ce réseau intercantonal centrent leurs actions sur les besoins et les attentes de la femme malade et de son entourage. Parallèlement, sur la base d’une démarche participative impliquant patients, professionnels de terrain et chercheurs, ensemble ils définissent les questions et les priorités de recherche et d’action tout en élaborant des protocoles novateurs de parcours de soins.

Durant le mois d’octobre rose, Réseau Cancer du Sein organise de nombreux événements sur l’ensemble de la Suisse romande. Ils ont pour but de : 

  • rappeler l’importance du diagnostic du cancer du sein
  • sensibiliser les femmes au dépistage du cancer du sein
  • soutenir la recherche en impliquant des professionnels de terrain, patients, chercheurs, épidémiologistes et biostatisticiens dans le processus, afin de favoriser une synergie entre ces derniers et de valoriser le savoir de tout un chacun
  • promouvoir l’amélioration des soins ainsi que la qualité de vie des patientes et de leurs proches

Interview avec le Réseau Cancer du Sein

pictogramme illustrant les vingt ans du Réseau Cancer du Sein

Pour célébrer les 20 ans d’activités du Réseau Cancer du Sein, le centre d’imagerie médicale Medimage profite de cette occasion pour faire part de son engagement en faveur de la lutte contre le cancer du sein. 

Nous réalisons cela en étant l’un des sponsors de la journée soignants et soignées du 11 octobre dernier, programmée par le Réseau Cancer du Sein. Ainsi qu’en partageant la vision, les missions et les accomplissements de cette organisation d’utilité publique à travers un entretien que vous pouvez lire ci-dessous.

En tant que promoteur de la santé, quels sont vos domaines d’action ?

Nous travaillons sur différents axes à savoir le soutien, l’amélioration des soins, l’information ainsi que la sensibilisation, l’enseignement et enfin la recherche. Et ces axes nous permettent de réaliser des contributions qui visent à améliorer le parcours de soins ainsi que la qualité de vie des patientes atteintes par le cancer du sein.

En 20 ans d’activités, quelles contributions avez-vous réalisées en ce qui concerne l’amélioration des soins ainsi que la qualité de vie des patientes comme de leur entourage ?

Plusieurs contributions ont été réalisées. Toutefois, nous pouvons vous citer les principales suivantes : 

  • la création du 1er poste d’infirmière-référente pour le cancer du sein
  • la mise en place d’une procédure de physiothérapie spécifique aux situations en lien avec les traitements pour le cancer du sein
  • la création du premier Carnet de Bord©, un kit d’outils utilisables par les patientes, les soignants et la recherche-action
  • la création d’une base de données novatrice « Observatoire des Effets Adverses » (OEA) qui répertorie le cancer et les traitements tels qu’ils sont vécus et les impacts pour la patiente et son entourage
  • l’élaboration d’une newsletter thématique de l’OEA permettant de mieux comprendre et de promouvoir les ressources pouvant aider à pallier, prévenir ou diminuer les séquelles les plus invalidantes
  • la mise en place de l’Étude Véronique, un protocole de recherche sur les facteurs de risque pour les femmes jeunes, de moins de 40 ans
  • l’établissement d’un système de marrainage, un soutien de patiente à patiente, offert 365 jours par année
  • la mise en œuvre d’une permanence physique et téléphonique ouverte tous les jours ouvrables.

À propos de l’enseignement, vous avez signé un accord de collaboration entre l’ASAP et l’Université de Genève. Comment se concrétise cette collaboration ?

L’Association Savoir Patient est régulièrement sollicitée pour intervenir avec les patientes dans l’enseignement gradué et post-grade, comme par exemple lors de la semaine interprofessionnelle qui réunit chaque année des étudiants de la HEdS, de la Faculté de Médecine et de l’Ecole de Pharmacie. 

Nous intervenons également dans le cadre du Diplôme de Santé Publique. Par ailleurs, nous avons organisé au fil des années de nombreuses journées ou colloques de formation réunissant à la fois les patientes et les professionnels.

Grâce à votre démarche participative, les patientes sont devenues des partenaires de leur propre traitement, comment ce savoir empirique est-il pris en compte aussi bien dans le parcours de soins que dans la progression de la recherche sur le cancer du sein ?

Le vécu en direct de la maladie, les traitements et leurs conséquences pour soi-même et pour d’autres, 24 heures sur 24, sur des périodes plus ou moins longues, permet de nous amener un savoir expérientiel précieux car il reflète le cancer réel avec ses problématiques à 360 degrés. Seules les femmes concernées peuvent nous apporter cette connaissance permettant d’améliorer la pertinence des soins et une recherche.

Depuis 2001, vous élaborez un programme pour le mois du cancer du sein qui regroupe plusieurs événements durant le mois d’octobre. Quelles sont les activités prévues pour cette année ?

Cette année est particulière puisque le Réseau célèbre ses 20 ans d’activités. Pour ouvrir ce mois anniversaire, des illuminations roses « Au fil du Rhône » ont réuni le 1er octobre les cantons de Genève, Vaud et Valais. 

À Genève, une Flash Mob a également été organisée le 1e octobre aux Bains des Pâquis et les drapeaux du Réseau Cancer du Sein ont habillé le Pont du Mont-Blanc la semaine du 4 octobre. 

La Pink Night, traditionnel match de hockey en partenariat avec le GSHC, a retrouvé son public, après une année d’absence, le 2 octobre. 

L’Orchestre de la Suisse Romande a dédié son concert du 8 au Réseau et aux femmes concernées. 

Le lundi 11 octobre, le Réseau Cancer du Sein a mis en place une journée scientifique aux HUG « Cancer du sein 2001-2021 : chemin parcouru, futur rêvé » et une conférence-table ronde tout public le soir, « Le savoir des patient-e-s, un levier de changement ». 

Le 4e ème Dîner de soutien, co-organisé avec la Ville de Genève, s’est tenu le 21 octobre au Palais Eynard. 

Plusieurs autres actions de sensibilisation et/ou de récolte de fonds ont lieu de manière ponctuelle ou durant tout octobre. Pour le détail, rendez-vous sur la page des 20 ans du Réseau Cancer du Sein

Finalement quel est le(s) message(s) derrière tous ces événements ? Que souhaitez-vous transmettre aux femmes, à leurs proches, aux professionnels de la santé ainsi qu’aux scientifiques ?

L’objectif de ces événements est avant tout de sensibiliser la population à ce cancer. Pour rappel, une femme sur huit y sera confrontée durant sa vie. À Genève cela représente, si l’on compte les proches, 15% de la population. Il est primordial d’informer sur cette maladie, son dépistage, ses traitements, mais aussi sur les effets adverses qui impactent toutes les sphères de la vie : professionnelle, familiale, intime, financière, etc. 

C’est bien évidemment l’occasion de rendre hommage à toutes ces femmes et à leurs proches, de venir à leur rencontre, de proposer des moyens de pallier ces effets adverses ou tout du moins d’aller vers une meilleure reconnaissance et prise en charge.

Merci de votre lecture.

Nous nous réjouissons de vous retrouver sur nos prochains articles. 

L’équipe Medimage

En savoir plus sur le cancer du sein ?

Si vous vous posez des questions en ce qui concerne le dépistage précoce du cancer du sein, n’hésitez pas à nous appeler ou à prendre rendez-vous pour un examen.

Centre Medimage 

Route de Florissant 1 

1206 Genève

Tél : 022 347 25 47

info@medimagesa.ch

Octobre, un mois pour le cancer du sein

22 octobre 2021

Actualité MEDIMAGE

Actualité

En Suisse, chaque année le cancer du sein atteint environ 6’200 femmes et entraîne 1’400 décès. Il s’agit de la première cause de décès par cancer chez la femme, bien que le taux de survie à 5 ans, tous stades confondus, soit élevé. À l’occasion d’octobre rose, mois international de sensibilisation au cancer du sein, Medimage a souhaité interviewer la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer (FGDC) afin de mettre en valeur leurs actions. Il s’agit également d’une occasion pour vous sensibiliser à ce sujet.

Rencontrez la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer du sein

Dès 50 ans, chaque femme est invitée à une mammographie dans le cadre des programmes cantonaux de dépistage du cancer du sein. Ces examens biennaux visent à déceler des tumeurs de très petite taille avant qu’elles ne soient palpables ou qu’elles ne se manifestent par d’autres symptômes. Bien que la mammographie ne permette pas de prévenir le cancer du sein, toutefois elle augmente les chances de guérison complète et rend le traitement plus facile et moins agressif. 

Ainsi, les campagnes menées par la Fondation genevoise pour le cancer, en collaboration avec les communes, institutions et associations genevoises, visent à rappeler que le dépistage du cancer du sein notamment, est un droit fondamental dont devrait bénéficier chaque femme.

Sans plus attendre, nous donnons la parole à la Dre Béatrice Arzel, directrice de la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer.

Portrait du docteure Béatrice Arzel, directrice de la Fondation genevoise pour le dépistage du cancer, qui répond aux questions que nous lui avons posées concernant leurs actions liées au dépistage du cancer du sein

Quel est votre programme pour ce mois d’octobre rose ? 

Le mois d’octobre, mois d’information sur le cancer du sein, est l’occasion de rappeler l’importance du dépistage précoce du cancer. Le dépistage augmente les chances de guérison et permet généralement d’offrir un traitement moins lourd qui améliore la qualité de vie des personnes atteintes. 

Une campagne d’affichage pour faciliter l’accès au dépistage du cancer du sein 

La FGDC travaille à faciliter l’accès équitable aux programmes de dépistage des cancers du sein et du côlon à Genève. Une campagne lancée à l’été 2021 soulignait ainsi que le dépistage des cancers du sein et du côlon est un droit. De la même manière, en octobre, la FGDC s’adresse plus particulièrement aux femmes concernées par le dépistage du cancer du sein et leur rappelle que celui-ci est un droit. Invitées à s’informer en contactant la FGDC, les femmes rencontrant des difficultés financières se verront proposer une aide pour la prise en charge de leur mammographie.

Des conférences publiques et colloques professionnels

La FGDC s’associe au Centre du sein des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), au Groupement Hospitalier de l’Ouest Lémanique (GHOL), à l’Hôpital de La Tour, au Centre OTIUM, et à la Ligue genevoise contre le cancer pour proposer un programme de conférences publiques et un cycle de colloques destinés aux professionnels de la santé. 

Des stands d’information

La FGDC est enfin présente lors de stands d’informations organisés en partenariat avec les HUG ainsi qu’au Centre du sein d’Hirslanden Clinique des Grangettes

À partir de quelle année est-il préconisé de se faire dépister pour le cancer du sein ? 

La recommandation actuelle pour un dépistage populationnel est d’inviter les femmes à partir de 50 ans à faire une mammographie tous les deux ans. Cette invitation systématique, dans les pays qui disposent d’un programme organisé, se poursuit jusqu’à l’âge de 74 ans en général. 

Le choix de cette tranche d’âge est justifié par la courbe de fréquence du cancer du sein, qui augmente avec l’âge et la balance bénéfices/risques du dépistage, dont il est démontré qu’elle devient favorable à partir de 50 ans. 

Entre 45 et 50 ans, une discussion individuelle entre le médecin et la femme, prenant bien en compte les avantages et les inconvénients d’une mammographie à cet âge est possible ; toutefois, au vu de cet équilibre, les recommandations scientifiques ne vont pas dans le sens d’un dépistage systématique. 

En quoi consiste une mammographie ?

La mammographie est un examen radiologique. Pour la réaliser, le sein est placé dans un appareil dédié uniquement à cet usage, nommé mammographe. Celui-ci utilise les rayons X, à faible dose, pour visualiser le tissu mammaire. 

Le sein est placé entre deux plaques qui, rapprochées, permettent d’étaler et de bien visualiser le tissu mammaire. La mammographie permet ainsi de déceler des anomalies de très petite taille, bien avant que les lésions ne soient palpables. Lorsque l’on objective une anomalie, il faut ensuite compléter la mammographie par d’autres examens, pour en définir la nature, bénigne le plus fréquemment, ou cancéreuse.

Quels sont les facteurs qui influencent le risque de cancer du sein ?

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle. Outre le fait que le cancer du sein concerne les femmes, dans 99% des cas, l’âge est le principal facteur de risque ; près de 80% des cancers du sein se déclarent après 50 ans. 

Les antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire représentent une augmentation de risque d’être atteinte d’un cancer du sein. On parle d’antécédent familial lorsqu’un parent de premier degré (père, mère, sœur, frère, fils ou fille) est atteint d’un cancer du sein avant 50 ans ou que plusieurs membres de la famille proche ont été touchés. Pour 5 à 15% des femmes, des risques génétiques sont identifiés (mutations) qui accroissent encore plus fortement le risque. 

Des antécédents personnels de cancer du sein ou de lésion à risque de transformation maligne augmentent également ce risque, tout comme la radiothérapie pour une autre maladie de la région mammaire. 

Viennent ensuite les facteurs environnementaux comme certaines thérapies hormonales combinées (œstrogènes et progestatifs) à la ménopause ou encore la consommation d’alcool, de tabac, l’inactivité physique ou le surpoids.  

Quels sont les bons gestes à adopter pour réduire ce risque ?

Il découle du paragraphe précédent qu’on ne peut jouer sur tous les facteurs de risque. Il est toutefois possible de réduire son risque en adoptant des habitudes de vie saines : manger équilibré, avec une alimentation riche en fruits et légumes, pratiquer une activité physique régulière avec un maintien du poids dans les normes, limiter la consommation d’alcool et éviter le tabac. Tous ces gestes réduisent également le risque de nombreuses autres maladies. 

Comment faut-il réagir en présence des symptômes tels que la présence d’un nodule, la modification de la taille, de la forme ou de la couleur du sein ou l’inflammation du mamelon ?   

Le premier conseil que l’on peut donner aux femmes, quel que soit leur âge, est tout d’abord de rester attentive à leurs seins. L’apparition d’un symptôme doit mener, s’il dure plus de quelques jours, à une consultation médicale qui permettra de déterminer la nature du problème. Si ce n’est rien de grave, la femme pourra être rassurée ; s’il s’agit d’une lésion cancéreuse, il faut se rappeler que plus le diagnostic est fait tôt, meilleur est le pronostic. 

Existe-t-il des effets négatifs du dépistage du cancer du sein ?

Oui, car aucun acte n’est absolument dénué d’effets indésirables. Le dépistage, dans la mesure où il met en évidence beaucoup de petites anomalies, conduit parfois à des examens complémentaires pour des femmes qui n’ont finalement pas de cancer mais seulement des maladies bénignes ; cela aura généré pour elle de l’inquiétude et des frais. 

Un autre inconvénient de cet examen performant est qu’il peut mettre en évidence des petits cancers d’évolution très lente, qui ne se seraient jamais manifestés ; on parle alors de surdiagnostic. 

Finalement, il peut arriver que certains cancers soient invisibles à la mammographie. La femme est alors faussement rassurée ; il s’agit alors de faux négatifs. C’est pour cette raison que l’on recommande à la femme de toujours rester attentive à ses seins, même si elle se fait dépister régulièrement ; ceci d’autant plus que certains cancers du sein, d’évolution rapide, peuvent apparaître entre deux dépistages. 

Ces aspects négatifs ne doivent jamais faire oublier que le dépistage, pratiqué de manière régulière, permet de faire baisser la mortalité de plus de 20% et d’alléger les traitements pour les femmes dans la tranche d’âge dépistée.

Pourquoi levez-vous des fonds en faveur des personnes défavorisées ?

Les difficultés économiques, aggravées par la pandémie et le manque d’accès à l’information, tiennent un nombre croissant de personnes éloignées du système de santé. Souvent, les personnes en situation précaire consultent lorsque la maladie est déjà à un stade avancé. Il est donc indispensable de faciliter un accès équitable au dépistage du cancer en levant notamment les freins financiers. 

Dans le cadre du programme genevois de dépistage du cancer du sein, la mammographie est prise en charge à 90% par l’assurance maladie de base, hors franchise. Le reste à charge pour la femme est le coût de la quote-part de 10%, soit CHF 19,70.

Les fonds, entièrement privés, que la FGDC récolte permettent de : 

  • Rembourser, sur demande, la quote-part de CHF 19,70 des femmes qui reçoivent un subside de l’assurance maladie. La femme doit pour cela nous envoyer une copie de son subside et ses coordonnées bancaires ou postales. Une enveloppe affranchie est fournie avec la lettre d’invitation.
  • Prendre en charge les mammographies des femmes qui n’ont pas d’assurance et qui peuvent ainsi accéder au dépistage. 
  •  Mener des actions de prévention et d’information auprès des personnes défavorisées et migrantes et produire des outils de communication adaptés.

Nous tenons à féliciter la FGDC pour son travail remarquable et en profitons pour rappeler qu’en tant qu’institut de radiologie agréé par le canton de Genève, Medimage est heureux de pouvoir accueillir les femmes via la fondation mais aussi celles qui consultent hors programme de dépistage ; car la mammographie reste le principal moyen pour lutter contre le cancer du sein et un droit fondamental dont devrait bénéficier chaque femme.

Merci de nous avoir lus.

L’équipe Medimage

En savoir plus sur le dépistage précoce ?

Si vous souhaitez obtenir des informations sur le dépistage précoce du cancer du sein ou prendre rendez-vous pour un examen, n’hésitez pas à nous contacter. 

Centre Medimage 

Route de Florissant 1 

1206 Genève

Tél : 022 347 25 47

info@medimagesa.ch

L’endométriose: une maladie complexe aux multiples facettes

26 août 2021

Actualité MEDIMAGE

Actualité

Vous ressentez des douleurs pendant vos règles (dysménorrhée), au moment de l’ovulation, pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunie) ou encore lors de l’insertion d’un tampon ? Celles-ci peuvent être les symptômes de l’endométriose. Cette affection gynécologique touche environ 10 à 15 % des femmes en âge de procréer, en Suisse. 

S’agissant d’une maladie parfois évolutive, au cours de laquelle des îlots de muqueuse utérine migrent en dehors de l’utérus, son diagnostic est souvent difficile et tardif. Son traitement dépend passablement des symptômes, du degré d’atteinte des organes par de petites masses de tissu endométrial qui se développent et se retrouvent dans la région abdominale, ainsi que du désir de grossesse de la femme et de son conjoint. 

L’endométriose, une pathologie dite chronique

Les douleurs liées à cette maladie longtemps ignorée peuvent être continues ou ponctuelles en fonction de la localisation des lésions et des adhérences. Liée au cycle menstruel, la douleur se manifeste généralement de manière plus aiguë au moment des règles ou de l’ovulation. Néanmoins, elle peut également se présenter à n’importe quel stade du cycle menstruel.

L’endomètre qui tapisse l’utérus d’une femme va s’épaissir chaque moi pour une éventuelle fécondation. Si celle-ci n’a pas lieu, les menstruations vont éliminer l’endomètre et ainsi de suite. Dans le cas d’une endométriose, les cellules de l’endomètre vont se loger dans différents endroits tels que l’appareil génital, le système urinaire, l’estomac et/ou dans la membrane cellulaire qui recouvre l’abdomen, soit le péritoine (fine membrane séreuse qui tapisse la face profonde de la cavité abdomino-pelvienne). Bref, vous l’aurez compris, il existe plusieurs localisations susceptibles d’être colonisées par ces tissus.

Ainsi, ils vont former ce que l’on appelle des foyers d’endométriose et se comporter comme la muqueuse utérine normale, c’est-à-dire en présentant des saignements sous l’influence des hormones, de manière cyclique, qui ne vont pas pouvoir être éliminés. 

Au fil du temps, ces fragments d’endomètre vont entraîner une réaction inflammatoire, des adhérences vont se former, emprisonnant ainsi les organes et réduisant leur mobilité. C’est ce qui va générer des douleurs, parfois invalidantes. 

C’est pour cela que certaines femmes se verront en incapacité d’exercer une activité physique intense ou tout simplement un effort physique routinier tel que se tenir debout, marcher ou soulever un sac de courses. Par ailleurs, l’intensité de la douleur peut augmenter avec la progression de l’affection. 

infographie d’un utérus colonisé par des foyers d’endométriose

En fonction des organes touchés, on peut déterminer 3 types d’endométrioses

  • Superficielle (ou péritonéale) : elle touche le péritoine et les ovaires (les cellules endométriales se logent au niveau des ovaires et peuvent créer un kyste)
  • Pelvienne profonde (ou sous-péritonéale) : elle impacte les ligaments utéro-sacrés, le vagin, mais aussi la vessie, les uretères ou le rectum. 
  • Utérine: adénomyose (endométriose interne)

Les divers symptômes de l’endométriose 

La diversité des symptômes peut rendre le diagnostic difficile et long. On compte en moyenne entre 7 à 8 ans pour qu’un diagnostic soit posé. En effet, toute femme souffrant de douleurs pendant les règles ne souffre pas d’endométriose et inversement, les femmes qui souffrent d’endométriose n’ont pas forcément de douleurs lors des menstruations. 

Cependant parmi celles qui sont les plus fréquentes, l’on retrouve les douleurs pendant ou après les relations sexuelles, lors des menstruations, la défécation et la miction. Certaines peuvent également expérimenter des douleurs pelviennes qui peuvent irradier jusqu’aux jambes. 

À ces douleurs peuvent s’ajouter des règles abondantes, des troubles digestifs, de la fatigue chronique ainsi qu’un problème d’infertilité. 

C’est pour ces raisons qu’il est important de diagnostiquer l’endométriose le plus tôt possible afin d’assurer la bonne prise en charge des patientes atteintes de cette affection gynécologique. 

Comment diagnostiquer l’endométriose chez une femme ? 

L’anamnèse est l’une des premières étapes de la consultation médicale. Elle consiste en un interrogatoire ciblé de la patiente au sujet de ses symptômes par le médecin généraliste ou gynécologue. À la suite de cette étape, il convient également d’effectuer des examens gynécologiques complémentaires afin de pouvoir orienter le diagnostic.  Parmi les examens préconisés, l’on retrouve :  

  • La palpation de foyers volumineux d’endométriose. Par exemple, dans la voûte du vagin, sur l’intestin et les ligaments de soutien de l’utérus.
  • L’échographie pelvienne ou transvaginale qui permet d’identifier et de visualiser la présence éventuelle de kystes ovariens, également appelés endométriomes. Ces derniers contiennent du “vieux” sang et se traduisent à l’échographie par une image typique, de forme régulière. Cependant, n’excluant pas la présence d’une endométriose, il est possible dans certains cas, d’envisager l’imagerie par résonance magnétique (IRM). 
  • L’IRM pelvienne peut être pratiquée dans le but d’identifier les foyers d’endométriose qui se développent dans des lieux tels que les ligaments ou la musculature utérine, soit une forme d’endométriose appelée adénomyose. Par ailleurs, grâce à la 2D ou 3D, l’observation des tissus mous se relève plus précise et permet de détecter des kystes mais aussi des lésions ou des nodules. Elle confirme ainsi le diagnostic et assure qu’il n’ait pas d’autres atteintes. 

Parfois, une biopsie des tissus sera nécessaire afin de confirmer le diagnostic

Imagerie médicale chez Medimage

Au sein de notre cabinet, nous mettons nos patients au centre de nos préoccupations. La bonne prise en charge jusqu’au retour de ces derniers chez leur médecin prescripteur nous est primordiale car nous savons combien cela est important. À n’importe quel moment, les patients peuvent poser des questions à notre équipe qui se fera une joie de leur répondre, lors de la consultation.

En savoir plus 

Si vous souhaitez obtenir des informations sur l’endométriose ou prendre rendez-vous pour un examen, n’hésitez pas à nous contacter

Centre Medimage 

Route de Florissant 1 

1206 Genève

Tél : 022 347 25 47

info@medimagesa.ch

Quand la ménopause vient perturber la thyroïde : explications

28 juillet 2021

Actualité MEDIMAGE

Actualité

Bouffées de chaleur, fatigue importante, perte de cheveux, combien de femmes viennent en consultation et se plaignent de ces symptômes ? 

En fonction de l’âge, vous mettrez cela sur le compte de la ménopause ou périménopause. Mais cela peut aussi être dû à un déséquilibre thyroïdien. 

En Suisse, les troubles de la thyroïde sont fréquents, notamment chez la femme entre 20 et 30 ans et entre 45 et 55 ans. Et, ils peuvent être liés à la ménopause. 

On vous explique tout dans cet article. 

La thyroïde, une glande au rôle multiple

Cette petite glande de 6 cm seulement est constituée de deux lobes séparés par un isthme central. La thyroïde pèse entre 10 et 25 grammes et se situe à la base du cou, à l’avant de la trachée.

C’est une glande endocrine qui produit des hormones qui interviennent dans l’ensemble de notre corps : du cœur aux yeux en passant par les muscles et le cerveau. 

Elle sécrète 3 hormones : 

  • La tri-iodothyronine (T3)
  • La thyroxine (T4) 
  • La thyrocalcitonine (ou simplement calcitonine) 

Le taux de ces hormones est régulé/stimulé grâce à l’hypophyse (autre glande située à la base du cerveau). Elle produit la TSH. L’iode est aussi indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. On le retrouve par exemple dans les poissons, les crustacés, les produits laitiers et les œufs (en plus petite quantité). Si l’apport est cependant insuffisant, il existe des compléments alimentaires.

La thyroïde joue un rôle dans plusieurs de nos fonctions vitales 

  • Régulation de la température
  • Fonctionnement normal du cerveau
  • Régulation de notre rythme cardiaque, respiration…

Il est donc nécessaire que les hormones sécrétées soient stables. 

La sécrétion de ces hormones peut être perturbée par différents facteurs comme le stress, le tabac, certains médicaments (l’amiodarone, produits de contraste…). De ce fait, cela peut engendrer une hyperthyroïdie ou une hypothyroïdie.

  • L’hyperthyroïdie

Elle est définie par une sécrétion importante des hormones thyroïdiennes. Cela provoque un hyperfonctionnement de tous les métabolismes. Tous les systèmes de l’organisme fonctionnent trop et trop rapidement. 

Cela peut entraîner les symptômes suivants : amaigrissement, tachycardie permanente même pendant le sommeil, tremblement, faiblesse musculaire, bouffées de chaleur, soif intense, irritabilité, diarrhée, nausées/vomissements sont aussi fréquents.

  • L’hypothyroïdie

À l’inverse, lorsque la glande thyroïdienne sécrète peu d’hormones, on parle d’hypothyroïdie. Elle est rarement congénitale (présente dès la naissance), elle apparaît plus souvent au cours de la vie.

Si elle n’est pas détectée rapidement, ce sont les complications de la maladie elle-même qui vont la révéler.

Il est donc important de repérer rapidement les troubles de la thyroïde afin d’améliorer sa prise en charge. 

Anatomie du cou

Quand la ménopause vient perturber la thyroïde 

Entre 45 et 55 ans, la femme est victime d’un changement hormonal important. On parle de la ménopause, caractérisée par l’effondrement de la sécrétion d’œstrogènes et la progestérone. C’est l’arrêt de l’ovulation et donc des menstruations. Pendant plusieurs années, c’est par ces hormones que la vie d’une femme est rythmée. Cela entraîne des changements.

Elle est accompagnée de nombreux effets indésirables tels que la fatigue, la prise de poids ou encore les bouffées de chaleur. Ces symptômes, très similaires à ceux provoqués par un déséquilibre thyroïdien, peuvent en effet cacher une hyper ou hypothyroïdie. 

En effet, il a été démontré qu’environ 2,4 % des femmes ménopausées ont des anomalies de TSH ce qui provoque des hypothyroïdies notamment. C’est pourquoi il est important de diagnostiquer rapidement la présence d’un déséquilibre de la thyroïde, car elle peut augmenter certains risques déjà accrus à cause de la ménopause :

  • L’hyperthyroïdie augmente le risque d’ostéoporose ;
  • L’hypothyroïdie augmente le risque cardiovasculaire.

Afin de prendre en charge au mieux ce risque de complications, les endocrinologues préconisent de doser le taux sanguin de TSH à plusieurs moments : 

  • Au moment de la ménopause 
  • 6 mois après la mise en place d’un traitement hormonal 
  • Puis tous les ans si un trouble thyroïdien est avéré.

Ce dosage permet de faire le diagnostic de l’hyperthyroïdie ou à l’inverse de l’hypothyroïdie. C’est un examen de dépistage, mais aussi de surveillance. Il permet de doser la thyroxine (T4 totale), la T4 libre et la T3. 

Si votre patiente doit prendre un traitement hormonal substitutif ET un traitement pour la thyroïde, il est important de séparer la prise. Rappelez-lui de prendre le traitement thyroïdien le matin et hormonal le soir. 

Aussi, surveiller la glande thyroïdienne par échographie est essentiel. 

L’importance de l’échographie de la thyroïde

En première intention, c’est le dosage sanguin qui sera prescrit afin de déterminer si la patiente souffre d’un déséquilibre thyroïdien. Mais par la suite, il peut être nécessaire de réaliser une échographie. 

En effet, celle-ci donnera des informations sur le volume de la thyroïde et sur la présence ou non de nodules. Dans ce cas, on pourra aussi déterminer le nombre et le volume de ces nodules. Parfois ils sont palpables et l’échographie va permettre de confirmer leur présence et les caractériser.

Cette méthode d’examen utilise les ultrasons pour obtenir des images de la thyroïde, elle permet de la voir sous différents angles grâce à des coupes transversales ou longitudinales. 

C’est rapide et sans risque, il n’y a pas de contre-indication d’âge, elle peut aussi être réalisée chez les femmes enceintes.

Votre patient n’a pas besoin de préparation au préalable ni d’être à jeun par exemple. Il se rend chez Medimage avec l’ordonnance que vous avez réalisée au préalable. 

Le radiologue applique un gel clair sur la zone à visualiser. Puis il place la sonde à ultrasons et balaye la zone qu’il souhaite voir. Nous pouvons demander à la patiente d’adopter des positions particulières afin d’obtenir de meilleures images. Mais cet examen reste indolore et non irradiant. 

Après cela, les résultats vous sont envoyés et la patiente peut rentrer chez elle. 

Soyez vigilant chez vos patientes qui souffrent de ces différents symptômes liés à la ménopause. Un déséquilibre thyroïdien peut se cacher derrière.

En savoir plus 

Si vous souhaitez obtenir des informations à ce sujet ou prendre rendez-vous pour un examen, n’hésitez pas à nous contacter

Centre Medimage 

Route de Florissant 1 

1206 Genève

Tél : 022 347 25 47

info@medimagesa.ch

L’infiltration sous scopie : remède anti-douleur à la lombalgie

29 juin 2021

Actualité MEDIMAGE

Actualité

Nous vivons une période qui met notre corps à rude épreuve. Entre le rythme effréné de notre quotidien et la sédentarité accrue par le télétravail, nos articulations souffrent. Notamment celles de notre dos, sollicitées en permanence. 

Impactant directement la vie de nos patients, les pathologies lombaires telles que l’arthrose ou le lumbago, en plus d’occasionner des douleurs, peuvent rapidement devenir handicapantes. En effet, les lombalgies et autres douleurs au niveau des lombaires empêchent parfois la pratique d’activité physique et sportive.

La lombalgie, une pathologie courante

Corps humain avec annotations des différentes parties du dos

Rappelons ce qu’est une lombalgie. Il s’agit d’une douleur qui touche les vertèbres lombaires, de la D12 à la S1. Elle est souvent accompagnée d’une limitation de la mobilité et d’une raideur au niveau du rachis. 

La lombalgie peut apparaître pour deux différentes causes : soit un lombago simple dû à un faux mouvement (qui se ressent telle une courbature) ou soit dû à un remaniement dégénératif des articulaires postérieures du rachis avec inflammation des masses musculaires paravertébrales.

Cette pathologie du dos est devenue courante. Globalement, 80 % de la population risque d’en déclarer une au cours de sa vie. En Suisse, entre 20 et 30 % de personnes sont touchées chaque année, en majorité les 35 – 55 ans. 

Ces patients vont dans un premier temps se tourner vers leur médecin généraliste, qui est au plus proche de lui. 

Mais ces derniers restent parfois démunis face à ces patients qui ressentent d’importantes douleurs. 

Prescrire des infiltrations peut être une réelle solution. Cet acte est en effet un remède qui pourrait considérablement atténuer les douleurs des patients souffrant de lombalgies dues à une surcharge radiologiquement visible des articulations postérieures du dos.

L’infiltration des articulaires postérieures sous radioscopie

Une infiltration représente le procédé d’injecter une substance liquide, souvent des corticoïdes, dans une partie précise de l’organisme, les articulations notamment.

Chez Medimage, les infiltrations les plus minutieuses sont réalisées sous radioscopie, elles sont effectuées dans une salle de radiologie et le trajet de l’aiguille est suivi de manière extrêmement précise par radiographie, en toute sécurité.

Nous injectons premièrement une petite quantité de produit de contraste afin de nous assurer que l’aiguille est située au bon endroit. Avant d’injecter le liquide corticoïde. 

Cet acte ne dure que quelques minutes et n’est pas douloureux. Afin de l’informer et le rassurer, nous expliquons toujours au préalable au patient ce que nous allons faire. Nous le mettons ainsi dans des conditions adéquates.

Cette intervention est quasiment indolore, très peu irradiante, et sans aucun effet indésirable significatif. Il se peut qu’on la réalise plusieurs fois.

Ensuite, notre patient est généralement rapidement soulagé, sa qualité de vie se voit améliorée. Les douleurs sont nettement diminuées ou disparaissent, il peut alors reprendre une activité physique normale, voire même sportive.   

L’infiltration sous scopie peut se révéler être une bonne alternative pour les patients souffrants. Très peu acceptent de vivre avec des douleurs handicapantes et cette méthode peut changer leur vie. 

Toutefois, il faut noter que le soulagement est parfois temporaire, et il faudra parfois procéder à une nouvelle infiltration pour améliorer les résultats.

Si vous souhaitez en savoir davantage, ou désirez une première discussion avec l’un de nos médecins radiologues spécialistes des infiltrations, nous restons volontiers à votre disposition. 

Au plaisir de nous entretenir avec vous. 

L’équipe de médecins radiologue du Centre Medimage

Centre Medimage

Route de Florissant 1

1206 Genève
Tél : 022 347 25 47 

Fax : 022 789 20 70 

info@medimagesa.ch 

Imagerie médical d'un dos

L’infiltration à Genève, témoignage d’une patiente

1 décembre 2020

Actualité MEDIMAGE

Actualité / Inside

Michelle, patiente de MEDIMAGE, nous a récemment fait le plaisir d’un entretien amical sur l’infiltration lombaire pratiquée sur elle par notre collègue, le docteur Besse, à deux reprises.
À 78 ans, cette femme énergique, voyageuse passionnée, férue de langues orientales anciennes, souffrait terriblement du dos en position debout statique et assise. Refusant la fatalité, elle s’est résolue à l’infiltration sur la recommandation de son médecin traitant. Temps forts de ce très agréable échange.

Medimage. Comment êtes-vous parvenue à la prescription d’une infiltration ?
Michelle. Ce sont à la fois la douleur et les limitations dynamiques que m’imposait ma colonne vertébrale. Debout, il m’était impossible de maintenir une position statique plus de deux minutes, et j’étais restreinte dans mes déplacements en voiture par la fatigabilité et la gêne provoquée par cette inflammation persistante.
Après diverses tentatives thérapeutiques, mon médecin m’a proposé une infiltration.

La perspective d’une infiltration peut impressionner. Comment s’est déroulée la prise en charge ?
C’est précisément pour cela je souhaite témoigner. Bien que je ne sois pas douillette, il est vrai que l’idée d’une piqûre dans une zone du corps endolorie me créait un peu d’anxiété. Et je dois dire que l’accueil de MEDIMAGE a contribué à dissiper ma peur. Le personnel y est particulièrement prévenant et j’ai beaucoup apprécié le calme régnant dans les lieux et la sensation apaisante de huis clos.
Le centre est très bien agencé, facile d’accès dans un quartier agréable, où je réside depuis toujours.

Comment s’est déroulée l’opération ?
J’en suis à ma deuxième infiltration. À chaque fois, c’est le docteur Besse qui m’a traitée en prenant le temps de me réexpliquer la nature et l’objet de l’intervention. Elle a tout d’abord réalisé une radiographie afin de pouvoir travailler avec précision. Mon appréhension ayant en grande partie disparu, les 4 piqûres se sont déroulées sans la moindre difficulté. Pour l’anecdote, le docteur Besse a pratiqué la chirurgie pendant 4 ans. C’est pour moi une garantie de sécurité supplémentaire.

Depuis, comment vous sentez-vous ?
Il semblerait que tout le monde ne réagisse pas de la même manière à cette opération ; mais en ce qui me concerne, le résultat est parfait. Deux jours après l’infiltration, j’ai retrouvé une mobilité quasi normale, qui m’a rendu la liberté à laquelle je suis si attachée. L’infiltration ne guérit pas, bien que la réduction de l’inflammation puisse y contribuer; mais la souffrance, elle, diminue bel et bien. Ma première infiltration a tenu trois ans. J’ai réalisé la seconde il y a 18 mois, et le résultat apporte le même résultat positif.

Infiltration articulaire, infiltration épidurale, infiltration foraminale, infiltration rachidienne, infiltration du dos, infiltration d’acide hyaluronique, infiltration intra-articulaire, infiltration partie molles, etc. En savoir plus sur l’infiltration à Genève.

COVID 19 : Medimage renforce la prise en charge

27 octobre 2020

Actualité MEDIMAGE

Actualité

Chers (ères) Patient(e)s et Collègues,

Au vu de la situation sanitaire préoccupante, nous nous tenons bien sûr toujours à votre disposition pour effectuer tous les examens radiologiques et d’imageries selon les horaires habituels.

Nous avons toutefois adapté les mesures sanitaires et d’hygiène préconisées par les recommandations en vigueur, notamment la prise en charge différenciée des patients sains par rapport aux patients suspects ou positifs au COVID 19.

Dès lors, nous vous souhaitons, Chere.s patient.e.s, Chers collègues, de vous maintenir en bonne santé et de garder un optimisme intact face aux évènements.

L’équipe Medimage

Medimage se mobilise et participe à l’événement Octobre Rose pour la lutte contre cancer du Sein

9 octobre 2020

Actualité MEDIMAGE

Actualité / Inside

L’évènement est organisé par ASAP, réseau cancer du sein. Depuis 2001, un ensemble de professionnels(les) de la santé, des chercheurs et des patients travaille pour améliorer la prise en charge et la qualité de vie des patients.
« Ensemble face au Cancer ».

En savoir plus sur l’évènement : https://savoirpatient.ch/cancer-sein/reseau-cancer-sein/accueil

Interview du Docteur Philippe Kindynis : du quotidien à la vision de l’avenir

19 décembre 2019

Actualité MEDIMAGE

Actualité

En quelques questions, le Docteur Philippe Kindynis nous éclaire sur les perspectives du Centre et de la radiologie en général.

Chers patients, chers partenaires, chers amis, la Direction et l’ensemble des collaborateurs Medimage vous souhaitent de belles fêtes et une heureuse nouvelle année.

Comment et dans quelle direction se développe Medimage ?

Nous proposons les dernières technologies en radiologie de proximité  et souhaitons constituer une valeur ajoutée pour les quartiers qui nous environnent, Champel, Tranchées, Malagnou.

Nous sommes équipés d’un matériel de dernière génération, notamment Scanner, IRM, ultrasons et réunissons une équipe très compétente dans les domaines de l’ostéo-articulaire, de l’imagerie de la femme, de l’imagerie cardiaque et des techniques de pointe comme l’échographie et le traitement de la douleur.

Qu’attendent les médecins prescripteurs, aujourd’hui, dans leur relation à l’imagerie médicale ?

Avant tout de la disponibilité, notamment dans les prises de RV, ainsi que la transmission rapide et facile des résultats. Bien sûr, la compétence et le service personnalisé sont des prérequis.

Qu’attendent les patients ?

De l’écoute, du dialogue, une information claire et de la sollicitude. Plus les années passent et plus je m’aperçois que la communication est le centre de notre métier, aussi bien avec les patients, qu’avec nos correspondants. Quoi de plus enrichissant que l’échange et la confiance mutuelle dans ce monde instable ?

Selon vous, comment évolue et évoluera le secteur de l’imagerie médicale à Genève ?

La tendance est à la concentration des ressources médicales entre de gros acteurs, financiers. Cela concerne les cliniques privées et indirectement certains instituts de radiologie liés à ces dernières.

L’état, par l’intermédiaire de la clause du besoin, veut limiter le nombre d’équipements médicaux, afin de diminuer — croit-il — les coûts de la médecine. Ma vision est plutôt contrarienne, la population n’est pas extensible et les infrastructures sont autolimitées si elles veulent demeurer rentables et être viables.

Le souhait de la population n’est pas de se rendre dans un unique centre de compétence, mais de disposer à proximité de son lieu de travail ou d’habitation, d’un pôle de compétence efficace et à taille humaine, c’est-à-dire chaleureux et accueillant. Le niveau de formation en Suisse est tel que cela est tout à fait possible.

C’est aussi un moyen de répondre au problème de la mobilité décroissante des personnes âgées et d’une population vieillissante.

Des unités regroupant plusieurs cabinets médicaux de spécialités différentes avec une radiologie et un laboratoire, réparties dans différents quartiers de la ville, seraient très pertinentes (médecine de quartier — Proximité — pôles de compétences — décentralisation).

Médimage réunit tous ces critères, grâce à une équipe extrêmement professionnelle, liée et solidaire. La circulation de l’information y est rapide et efficace entre des collaborateurs qui s’apprécient. Croyez-moi, pour avoir travaillé dans des structures plus importantes, ce sont des qualités précieuses.

Quels sont les grands enjeux et progrès en marche dans l’imagerie médicale ?

Les techniques existantes (radiographies et diminution de dose des rayons X, ultrason, CT, IRM) vont encore progresser.

La première IRM sans hélium (moins de 0,5 % de l’hélium d’un système conventionnel est utilisé et scellé de façon permanente à l’intérieur de l’appareil) a fait son apparition. C’est une bonne nouvelle, car l’hélium est un gaz naturel que l’on ne peut pas produire et dont les réserves sont limitées.

Un autre sujet a émergé ces 2 dernières années, avec l’intelligence artificielle. Va-t-elle remplacer le médecin, voire l’homme tout court ? Bien sûr que non ; je citerai une phrase entendue, lors del’inauguration du centre de génomique du service de médecine génétique il y a quelques mois (phrase du Professeur Marc Abramowicz) qui résume magistralement la situation : « L’intelligence artificielle ne va pas faire disparaître le médecin, mais celui qui ne l’utilisera pas disparaîtra ! »

L’intelligence artificielle existe depuis de nombreuses années dans notre métier, par exemple la détection assistée des cancers du sein dans la lecture des mammographies. Si vous faites le parallèle avec l’émergence et l’implantation de l’informatique dans nos vies, tout est dit.

Radiologie interventionnelle : le traitement de l’arthrose est un enjeu médical majeur. Avant la prothèse (arthrose terminale) il existe des phases débutantes à modérées, qui pourraient bénéficier de traitements permettant de préserver, voire de réparer ces articulations (injections d’acide hyaluronique à Genève, PRP-Plasma Riche-en-Plaquettes, traitement naturel qui consiste à injecter dans l’articulation du plasma issu du propre sang du patient). Malheureusement, ces traitements ne sont pas reconnus par les assurances et donc non remboursés. Pour prouver leur efficacité, il faudrait des études en double aveugle, sur une large population classée selon la gravité de l’atteinte, contrôlée par des IRM. C’est irréaliste et irréalisable.

Comment voyez-vous l’avenir de la médecine en général et quels sont les sujets qui vous préoccupent ? 

Défense de la pratique privée : l’hôpital cantonal restera toujours une structure centrale indispensable à notre formation, cardoté de compétences extraordinaires permettant de prendre en charge des cas médicaux lourds et complexes.

Paradoxalement, les révolutions essentielles de ces dernières années, notamment depuis le début des années 90, ont souvent pris naissance dans le privé ; la liste n’est pas exhaustive, mais l’on peut citer :

chirurgie mini-invasive : qui a d’abord pris naissance en chirurgie digestive (appendicectomie et cholécystectomie laparoscopique), dans le domaine cardiovasculaire (angioplastie coronarienne ou coronaroangioplastie, permettant de dilater sans chirurgie invasive des artères coronaires sténosées), dans le domaine orthopédique, permettant même d’implanter des prothèses !

chirurgie robotique avec notamment le robot da Vinci®, créé à l’origine sur commande de l’armée américaine pour pouvoir opérer des soldats à distance. Cet appareil a été installé très tôt dans une clinique privée de Genève, bien avant celui des HUG. La radiologie n’est également pas en reste puisque la première IRM du canton de Genève a été installée dans un institut de radiologie privé.

Formation : notre système de formation menace de nous échapper complètement. Sur environ 300 étudiantsen première année, la faculté de Médecine en sélectionne 150 sur concours pour la 2e année. Les autres sont recalés.

Regardons les chiffres de l’évolution des diplômes fédéraux et reconnus en médecine entre 2015 et 2018 ou sur le site www.bag.admin.ch

En 2018 (les proportions sont semblables entre 2015 et 2018), sur 3 292 diplômes reconnus, seulement 979 sont fédéraux, ce qui représente 30 %. Le corollaire est que 70 % des diplômes délivrés sont d’origine étrangère, ce qui ne veut pas dire que les détenteurs le sont. Pour preuve, de nombreux étudiants suisses partent après avoir échoué leur médecine à Genève, dans des universités étrangères, notamment en Roumanie, Hongrie, Pologne, pour revenir ensuite en Suisse et obtenir une équivalence de diplôme.

La qualité de la formation et le niveau de compétence en Suisse sont exemplaires, enviés par de nombreux pays européens : prenons garde de ne pas perdre ce leadership. Pourquoi exiler nos enfants (genevois et suisses en général) alors que l’infrastructure locale existe ?

Autre problème qui n’est pas genevois, mais mondial. La courbe des connaissances est exponentielle. Il y a une véritable explosion du savoir scientifique dans tous les domaines (médicaux et autres). Pendant combien de temps va-t-on exiger des médecins qu’ils acquièrent une connaissance pointue dans tous les domaines, pour en définitive, après 10 à 15 ans d’études et de formations se limiter, si j’ose dire, à leur spécialité.

Un solide savoir de médecine interne est certes, indispensable, mais une des pistes du futur est probablement de diviser cette formation en modules avec possibilité d’en cumuler plusieurs, bien évidemment complémentaires.

Coût de la santé : la hausse des primes n’est pas due au revenu des médecins.

En savoir plus : https://www.revmed.ch/RMS/2018/RMS-N-595/Couts-de-la-sante-ce-que-l-on-vous-cache

La polémique sur le sujet est vive mais tourne toujours autour de la même problématique : coût vs efficacité, vs qualité des soins, vs rentabilité…

Pour élever un peu le débat, la médecine coûte, mais représente aussi un formidable atout économique. Une statistique genevoise parue en 2016 montre que le domaine de la santé occupait 11 % de la population active genevoise, contre 13 % pour la moyenne suisse, et qu’elle culminait en 2013 à 25 % à Bâle-Ville, en raison de l’importance de son industrie pharmaceutique. Cette population travaille, gagne sa vie, fait fonctionner l’économie et paie des impôts. Dernière nouvelle en date, « les coûts des prestations TARMED facturés à la charge de l’AOS (assurance obligatoire de soins) augmentaient chaque année d’environ 400 millions de francs. Cela n’a pas été le cas au cours de l’année 2018. Au contraire, les coûts ont diminué de 119 millions de Francs, principalement en raison de l’intervention du Conseil fédéral sur le tarif au 1er janvier 2018 » 

En savoir plus : https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-77387.html

C’est surement une bonne nouvelle pour les assurances, et nous l’espérons, une diminution des primes pour les assurés.

Abonnez-vous à notre Newsletter