Douleurs au ventre inexpliquées : comment l’imagerie aide à y voir plus clair
29 mai 2026
Actualité MEDIMAGE
Qui n’a jamais eu mal au ventre ? Une gêne passagère après un repas, des crampes liées au stress, une douleur qui disparaît aussi vite qu’elle est venue… La plupart du temps, ces épisodes s’expliquent d’eux-mêmes. Mais parfois la douleur persiste, revient régulièrement, est particulièrement vive et soudaine ou ne peut être reliée à aucune cause évidente.
Les symptômes sont parfois difficiles à interpréter cliniquement, et c’est dans ces situations que l’imagerie médicale peut aider à poser un diagnostic. Échographie, scanner, IRM : ces examens permettent en effet d’explorer l’intérieur de l’abdomen de façon précise et non invasive pour guider la prise en charge.
Dans cet article, nous allons vous expliquer quel examen d’imagerie médicale est approprié en fonction de vos symptômes.
Pourquoi les douleurs au ventre sont-elles parfois difficiles à diagnostiquer ?
L’abdomen est l’une des régions les plus complexes du corps humain. Il abrite un grand nombre d’organes : foie, estomac, intestins, reins, vésicule biliaire, pancréas et chez la femme, les organes gynécologiques. Ils peuvent chacun être à l’origine de douleurs, parfois similaires en apparence.
La localisation de la douleur est souvent un premier indice : une gêne persistante en haut à droite n’a pas la même signification qu’une douleur sourde en bas du ventre ou des crampes autour du nombril. C’est pourquoi le médecin commence toujours par poser des questions précises, par exemple sur la localisation, la durée des symptômes et leur apparition.
L’anamnèse permet généralement d’orienter le médecin généraliste vers de premières pistes. Il l’accompagne d’un examen clinique (palpation, écoute des bruits de l’abdomen, auscultation, etc.), et parfois d’une prise de sang pour évaluer les critères biologiques.
Mais parfois ces investigations ne suffisent pas pour formellement énoncer un diagnostic. C’est alors que l’imagerie médicale peut prendre le relais afin d’observer les organes de plus près.
Douleur aiguë ou chronique : une distinction qui guide la prise en charge
Les douleurs abdominales peuvent être aiguës ou chroniques et certains signaux ou symptômes associés doivent alerter sur l’urgence de la prise en charge.
Il convient de distinguer la douleur chronique – continue ou intermittente et présente depuis au moins trois mois – de la douleur aiguë, qui apparaît soudainement et ne s’inscrit pas dans la durée.
De plus, dans la douleur chronique, certains “red flags” doivent être pris en considération :
- âge supérieur à 50 ans
- douleurs présentes pendant la nuit
- perte de poids involontaire
- fièvre
- saignements digestifs
- antécédents familiaux de cancer colorectal
- …
Face à ces signes, le médecin orientera rapidement vers des examens complémentaires, dont l’imagerie.
Douleurs au ventre : quelles causes selon la zone ?
La localisation de la douleur permet généralement déjà de recentrer les causes possibles. Voici les pathologies les plus fréquemment évoquées selon la zone concernée.
En haut à droite (hypocondre droit)

Zone du foie et de la vésicule biliaire, une douleur dans cette région fait souvent penser à :
- des calculs biliaires ou une inflammation de la vésicule (cholécystite)
- une pathologie hépatique (hépatite, kyste, abcès, masse, …)
- une atteinte du rein droit
Au creux de l’estomac (épigastre)

Située entre le nombril et le sternum, cette zone est celle que les patients désignent spontanément comme « l’estomac ». Une douleur à cet endroit peut évoquer :
- un ulcère gastrique ou duodénal
- une gastrite ou un reflux gastro-œsophagien
- une pancréatite ou autre pathologie du pancréas, souvent avec irradiation dans le dos
- plus rarement, un infarctus du myocarde à forme abdominale
En haut à gauche (hypocondre gauche)

Cette zone correspond à la rate, à l’estomac et à la queue du pancréas. Les causes fréquentes incluent :
- une gastrite ou un ulcère gastrique
- une pathologie du pancréas (la douleur peut débuter ici ou à l’épigastre, avec irradiation dans le dos)
- une pathologie splénique (qui touche la rate)
Sur les côtés (flancs droit et gauche)

Les flancs, situés entre les côtes et le bassin de chaque côté, sont souvent associés à :
- une colique néphrétique (calcul rénal), une douleur typiquement intense et irradiante vers l’aine
- une pathologie rénale (pyélonéphrite, kyste)
- une pathologie colique (côlon ascendant à droite, descendant à gauche)
Autour du nombril (région péri-ombilicale)

Une douleur centrée autour du nombril oriente plutôt vers :
- une pathologie de l’intestin grêle, une stase stercorale
- une hernie ombilicale
- un début d’appendicite, avant que la douleur ne migre vers le bas à droite
En bas à droite (fosse iliaque droite)

C’est la zone classique de l’appendice, mais pas seulement :
- appendicite
- pathologie ovarienne droite chez la femme (kyste, torsion, grossesse extra-utérine…)
- maladie de Crohn ou iléite
- hernie inguinale
En bas au centre (hypogastre)

Zone située sous le nombril et au-dessus du pubis, elle est le siège fréquent de :
- pathologies gynécologiques chez la femme (fibrome, endométriose, infection tubaire…)
- pathologie vésicale ou rectale (cystite, calcul, masse, etc.)
- pathologie prostatique chez l’homme
- calcul urétéral
- fécalome
En bas à gauche (fosse iliaque gauche)

Cette zone est souvent associée au côlon sigmoïde et aux organes gynécologiques gauches :
- sigmoïdite (inflammation du côlon)
- pathologie ovarienne gauche (kyste, torsion, grossesse extra-utérine…)
- hernie inguinale
Douleur diffuse ou migratrice
Quand la douleur est difficile à localiser ou change de place, les causes peuvent être :
- le syndrome de l’intestin irritable
- un syndrome infectieux comme une gastro-entérite
- une occlusion intestinale
- une péritonite dans les formes les plus sévères
À noter que ce listing de pathologies n’est pas exhaustif. Le ressenti peut être très différent d’une personne à l’autre. Le meilleur conseil reste d’écouter son corps mais aussi de prendre conseil auprès de son médecin généraliste.
L’échographie abdominale en première intention
Pour explorer les douleurs à l’abdomen, l’échographie est généralement l’examen de première intention. Accessible, rapide et sans rayonnement, elle offre en effet une première vue d’ensemble des organes abdominaux et permet souvent d’identifier ou d’écarter un certain nombre de causes.
A l’échographie, il est possible de détecter des calculs, des kystes, des anomalies de taille ou de structure, une inflammation ou encore la présence de liquide anormal dans l’abdomen.
L’examen est indolore et ne nécessite aucune injection ni préparation particulière, si ce n’est parfois d’être à jeun ou d’avoir la vessie pleine selon la zone explorée.
Le scanner abdominal : une exploration rapide et complète
Le scanner abdominal, ou tomodensitométrie (TDM), est l’examen de référence dans de nombreuses situations, notamment en cas de douleur aiguë ou de suspicion de pathologie urgente.
L’examen dure une dizaine de minutes et peut être réalisé avec ou sans injection d’un produit de contraste iodé, qui permet de mieux visualiser les vaisseaux sanguins et certaines zones. Il peut aussi parfois nécessiter une coloration du tube digestif ou du côlon (eau ou produit opacifiant).
Le scanner est particulièrement performant pour observer les organes tels que le foie, les reins, le pancréas et les intestins. On l’utilise notamment pour dépister des tumeurs, des infections ou des inflammations.
L’IRM abdominale ou pelvienne pour une analyse ciblée
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) est souvent utilisée comme examen complémentaire, suite à une échographie ou un scanner. Elle permet en effet une très bonne résolution sans rayonnement ionisant, ce qui en fait une option particulièrement adaptée pour des personnes ayant une pathologie nécessitant des examens répétés. L’IRM est cependant plus ciblée sur une partie de l’abdomen.
L’IRM abdominale est privilégiée notamment pour la caractérisation d’une masse détectée à l’échographie ou au scanner, il s’effectue différemment (différentes séquences IRM) en fonction de la maladie recherchée.
L’IRM abdominale peut devenir IRM pelvienne en cas de suspicion de pathologie gynécologique (endométriose par exemple), prostatique (pour les hommes) ou même rectale, etc.
Le rôle du radiologue : interpréter, orienter, dialoguer
L’imagerie médicale est avant tout un outil d’orientation. Un examen normal ne signifie par exemple pas forcément qu’il n’y a rien : certaines pathologies, notamment fonctionnelles comme le syndrome du côlon irritable, ne laissent aucune trace visible à l’imagerie. C’est en replaçant les résultats dans le contexte clinique global du patient — ses symptômes, son histoire médicale, son examen clinique — que le médecin peut poser un diagnostic pertinent. Le compte rendu radiologique est une pièce du puzzle et le radiologue travaille en étroite collaboration avec le médecin prescripteur pour reconstruire l’image complète.
L’imagerie médicale pour aider au diagnostic des douleurs abdominales
Face à des douleurs au ventre qui persistent, se répètent ou restent sans explication, une certaine frustration peut se faire ressentir. D’autant plus lorsque le médecin généraliste ne trouve pas de causes apparentes. C’est dans ces cas-là que l’imagerie médicale peut apporter un éclairage précieux.
Échographie, scanner, IRM : en fonction de votre situation, de la localisation de la douleur, de son ancienneté et de votre contexte de santé global, l’examen le plus adapté sera choisi par votre médecin. Il permettra alors de découvrir une pathologie non envisagée, de confirmer certaines suppositions ou au contraire, d’exclure toute cause structurelle.
En cas de douleurs, ne restez pas sans réponse et consultez votre médecin traitant. Il évaluera alors la nécessité d’un examen d’imagerie et vous orientera vers les spécialistes adaptés à votre situation.
Toute notre équipe médicale se tient à votre disposition pour répondre à vos questions. Contactez-nous :
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