L’arthrographie en cas de douleurs articulaires récurrentes
3 juillet 2026
Actualité MEDIMAGE
Les douleurs articulaires sont handicapantes dans le quotidien : un élancement dans l’épaule qui revient après chaque mouvement, un genou qui accroche, une hanche qui limite vos activités depuis des semaines… Lorsqu’elles s’installent dans la durée, il est nécessaire de procéder à des examens pour en connaître la cause.
Les examens d’imagerie classiques ne suffisent pourtant pas toujours à bien observer l’articulation. C’est alors que l’arthrographie entre en jeu. Cet examen combine en effet une injection directement dans l’articulation, suivie d’une imagerie par scanner ou IRM, pour visualiser avec une précision bien supérieure les structures internes de l’articulation.
Dans cet article, nous vous expliquons comment se déroule un arthroscanner ou une arthro-IRM, dans quels cas ces examens sont recommandés et en quoi ils diffèrent.
Qu’est-ce que l’arthrographie ?
Le préfixe arthro vient du grec et signifie simplement « articulation ». Et graphie, dans le monde médical, se réfère au fait d’enregistrer une image.
L’arthrographie consiste donc à injecter un produit de contraste directement dans l’articulation, puis de l’observer par imagerie, généralement scanner ou IRM. Elle offre au radiologue une vision précise de l’ensemble des structures internes et de leurs interactions, permettant de détecter des lésions ou des anomalies.
Pourquoi injecter un produit de contraste dans l’articulation ?
Les structures internes d’une articulation — cartilage, ligaments, labrum, tendons — sont fines, complexes et souvent difficiles à distinguer les unes des autres sur une imagerie standard.
En introduisant un produit de contraste dans l’espace articulaire, on opacifie l’articulation : le liquide se glisse entre les structures et les met en évidence. Elles deviennent ainsi plus facilement identifiables à l’imagerie.
Comment se déroule un arthroscanner ou arthro-IRM ?
Avant l’examen, aucune préparation particulière n’est nécessaire : vous pouvez boire et manger normalement.
Après désinfection de la zone, l’injection du produit de contraste est réalisée par le médecin radiologue à l’aide d’une aiguille fine. Ce geste est réalisé sous guidage radiologique afin de positionner l’aiguille avec précision dans l’espace articulaire.
L’examen d’imagerie, scanner ou IRM, est effectué dans le ¼ d’heure qui suit, pendant que le produit de contraste est bien réparti dans l’articulation. L’imagerie en coupes ainsi réalisée permet d’observer l’articulation sous tous les angles.
Une fois l’examen terminé, les images sont analysées par le médecin radiologue en charge de votre dossier. Un rapport complet est ensuite adressé à votre médecin prescripteur qui pourra vous en expliquer les conclusions lors de votre prochaine consultation.
Après l’examen, il est conseillé de laisser l’articulation au repos pendant les heures qui suivent.
Existe-t-il des contre-indications à cet examen ?
Puisque l’arthrographie implique l’injection de divers médicaments (anesthésiant local, produit de contraste iodé, parfois des corticoïdes), nous devons connaître vos antécédents médicaux. Un formulaire vous sera remis à votre arrivée, afin de recueillir ces informations.
Il est important de signaler notamment une grossesse, un traitement anticoagulant en cours ou toute allergie connue.
De plus, l’arthrographie n’est pas possible en cas d’infection cutanée ou articulaire active au site de ponction.
L’IRM et le scanner comportent également certaines contre-indications qui leur sont propres. Le port de certains implants métalliques, pacemaker par exemple, peut notamment limiter l’utilisation de l’IRM.
Est-ce un examen douloureux ?
L’ensemble de la procédure est généralement bien toléré. Une légère sensation de pression ou de tension peut être ressentie au moment de l’injection, mais celle-ci disparaît dans l’heure qui suit l’intervention.
Quelles pathologies nécessitent une arthrographie ?
L’arthrographie est prescrite lorsque les examens d’imagerie classiques n’ont pas permis d’identifier clairement la cause des douleurs. Elle est particulièrement indiquée pour explorer les structures internes fines de l’articulation, qui restent difficiles à visualiser autrement.
Les articulations les plus souvent touchées sont l’épaule et le genou, mais la hanche, la cheville, le coude et le poignet peuvent également être concernés. Ce sont les parties du corps qui combinent mobilité importante et structures internes complexes.
Parmi les situations les plus fréquentes, on retrouve notamment les :
- lésions du cartilage
- atteintes du labrum (le joint qui maintient l’articulation en place)
- lésions ligamentaires ou tendineuses intra-articulaires
- suspicions de corps étrangers dans l’articulation
- luxations fréquentes
- complications de tendinites
- rupture de la coiffe des rotateurs
C’est toujours le médecin prescripteur qui détermine si une arthrographie est nécessaire, en fonction du tableau clinique et des examens déjà réalisés.
Arthroscanner ou arthro-IRM : quelles différences ?
Les deux examens reposent sur le même principe de départ : l’injection de produit de contraste dans l’articulation. Mais les technologies d’imagerie utilisées ensuite sont différentes et seront privilégiées en fonction de différents paramètres.
Dans les deux cas, il s’agit d’imagerie en coupe. Cela signifie que le scanner et l’IRM produisent des images par tranches successives du corps, permettant d’explorer l’articulation en trois dimensions, structure par structure.
Arthroscanner
L’arthroscanner utilise les rayons X pour produire des images en coupe de l’articulation. Il offre une résolution osseuse et cartilagineuse excellente et permet de détecter avec précision les lésions du cartilage, les corps étrangers intra-articulaires ou certaines atteintes ligamentaires.
C’est également un examen rapide, ce qui peut être un avantage pour les patients qui supportent difficilement l’immobilité prolongée.
Son inconvénient principal est l’exposition à une faible dose de rayonnement ionisant.


Arthro-IRM
L’arthro-IRM, quant à elle, n’utilise pas de rayons X : elle repose sur un champ magnétique et des ondes radio. Elle est particulièrement performante pour visualiser les tissus mous (labrum, ligaments, tendons, synoviale) et permet une analyse plus complète des structures périarticulaires.
Elle est de ce fait souvent privilégiée lorsque l’on suspecte une lésion du labrum de l’épaule ou de la hanche, ou des atteintes ligamentaires fines.
Ses inconvénients sont une durée d’examen plus longue et une moins bonne tolérance chez les personnes claustrophobes. Elle est également contre-indiquée chez les patients porteurs de certains implants métalliques incompatibles.


Scanner ou IRM : quel examen sera choisi ?
Ce choix revient au médecin prescripteur et au radiologue, en fonction de l’articulation concernée, de la pathologie suspectée, de vos antécédents et de votre situation personnelle. Les deux examens sont complémentaires, et l’un n’est pas systématiquement supérieur à l’autre.
L’arthrographie : un examen précis, au service de votre diagnostic
L’arthroscanner et l’arthro-IRM sont des examens précieux pour explorer vos articulations en profondeur, lorsque les examens classiques ne suffisent pas à poser un diagnostic précis.
Bien tolérés et réalisés par des radiologues spécialisés, ils permettent d’orienter votre traitement au plus juste, qu’il soit médical, rééducatif ou chirurgical.
Si votre médecin vous a prescrit l’un de ces examens, n’hésitez pas à contacter notre centre d’imagerie médicale pour toute question sur son déroulement. Notre équipe est disponible pour vous accompagner et répondre à vos interrogations avant, pendant et après l’examen.
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